Chronique : A Court of Thorns and Roses, Sarah J. Maas

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Titre : A Court of Thorns and Roses

Auteur : Sarah J. Maas

Date de publication : USA mai 2015

Edition : Bloomsbury Publishing

Genres : Fantasy, romance, New Adult, Retelling (réecriture/adaptation)

« Be glad of your human heart, Feyre. Pity those who don’t feel anything at all. don’t feel bad for one moment about doing what brings you joy. »

Ah ! A Court of Thorns and Roses pourquoi me rends-tu la tâche si difficile ?!! Comment te noter ? Mes sentiments sont tellement partagés ! Ce que vous lisez ce sont les cris (oui des cris même si je n’ai pas utilisé de lettres majuscules parce que ça fait un peu moche ^^) de frustration d’une blogueuse qui vient de finir un livre qui faisait partie de ceux qu’elle attendait le plus parmi les sorties de cette année, qui a aimé mais qui aurait aimé aimer plus ! Vous me suivez ? Comment ça non ? Mais si on a tous/toutes déjà vécu ça ! Continuez à lire vous allez comprendre.

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A Court of Thorns and Roses (titre super mais un peu long à taper donc on va abréger en ACOTAR) est un livre Fantasy New Adult de Sarah J. Maas, auteur de la saga Throne of Glass. C’est l’histoire d’une jeune fille de dix neuf ans nommée Feyre qui en chassant dans les bois pour nourrir sa famille tombée dans la pauvreté brise le traité qui assure la paix entre les hommes et les Faes en tuant un loup qui s’avérait être en fait un être surnaturel. En rétribution, elle doit se rendre de l’autre côté du mur et vivre le restant de ses jours dans le domaine de Tamlin, un immortel capable de se changer en bête qui la retient donc prisonnière mais dont elle tombe progressivement amoureuse. Cependant, un fléau ravage le monde des Faes et Tamlin et sa cour souffrent d’une malédiction que Feyre sera la seule à pouvoir briser.

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Ce livre me promettait donc des aventures dans un monde magique, mystérieux en plus d’une originale idée de réécriture du conte de La Belle et la Bête et c’est tout naturellement qu’il a atterri dans ma PAL dès l’annonce de sa sortie surtout quand j’ai vu qu’il s’agissait d’un livre de Sarah J. Maas (et regardez-moi cette couverture !). J’étais de plus curieuse de savoir comment cette auteure de livres pour jeunes adultes allaient s’en sortir dans le genre New Adult (si ce genre ne vous est pas familier je vous redirige vers le post que j’ai écris il y a quelques temps dessus) et de ce point de vue je n’ai pas été déçue : Sarah J. Maas a réussi à écrire un New Adult en évitant le défaut de beaucoup de livres de ce genre c’est-à-dire une romance omniprésente sans intrigue construite. Je dois donc en passant avertir que contrairement à Throne of Glass, le public visé est un peu plus mature, ACOTAR contient quelques scènes explicites et un langage plus cru.

Ce premier tome contenait bien de l’action, de la romance et du mystère. Les premières pages du livre instaurent une atmosphère captivante à travers la scène de chasse de Feyre. Cependant, l’intrigue traîne vite en longueur et au bout de quelques chapitres j’ai eu énormément de mal à avancer dans ma lecture. Le monde créé par Sarah J. Maas est convenablement élaboré et joue assez bien avec le folklore qui entoure le peuple des Faes, les personnages sont tous sympathiques, ou en tout cas intéressants mêmes ceux qui paraissent très plats au début du récit – c’est par exemple le cas de Nesta qui joue un peu le rôle de la sœur ingrate de l’héroïne mais qui se révèle finalement bien plus complexe – et le style fluide. Pour en dire un peu plus sur l’univers d’ACOTAR, il s’agit d’un monde où humains et Faes sont séparés par un mur suite à la guerre qui a mis fin à la domination des Faes. Le monde des hommes est très peu développé mais celui des Faes est fascinant et repose sur le folklore populaire. Ils vivent en Prythian et sont divisés en cours dans un système médiéval qui fait penser au Songe d’une nuit d’été (A Midsummer’s Night Dream) de Shakespeare. Tous les bons ingrédients pour rendre un livre captivant et pourtant…

Je pense que ma difficulté à lire venait en fait d’abord du choix de la première personne qui n’est pas le mode d’énonciation que j’apprécie le plus et surtout de tous ces moments où j’ai pu arrêter ma lecture et me dire « ça, ça fait un peu niais… » et c’est une des choses que je déteste le plus penser quand je lis une romance (selon ma sœur ça m’arrive assez souvent parce que je suis une insensible, mais passons… ^^). Tamlin et Feyre vont très bien ensemble mais les pensées de cette-dernière m’ont parfois un peu fait lever les yeux au ciel. Qu’une héroïne admire la beauté d’un garçon ça va deux secondes mais les remarques incessantes qui donnent l’impression que son QI diminue soudainement à chaque fois qu’elle le voit, c’est assez irritant. De même, l’intrigue est parfois tellement prévisible (la réponse à l’énigme !! Feyre réfléchit un peu !!) et l’antagoniste peu convaincante. J’aurais aimé plus de complexité, j’aurais aimé avoir la chair de poule car les Faes sont des créatures qui ont tellement de potentiel ! Il n’y a qu’à lire The Darkest Part of the Forest (Holly Black) ou Lament (Maggie Stiefvater) qui ont tous les deux une atmosphère bien particulière où les Faes sont à la fois attirantes et dangereuses.

Ce qui rattrape toutes les pensées négatives que j’ai pu avoir en lisant ACOTAR ce sont les derniers chapitres dans lesquels Feyre accomplit des tâches afin de briser la malédiction qui pèse sur Tamlin et son peuple. A partir de ce moment-là, je n’arrivais plus à lâcher mon livre C’est dans l’écriture des scènes d’action que Sarah J. Maas excelle le plus selon moi et cela s’est confirmé dans ce livre. Après avoir tourné la dernière page j’avais donc vraiment envie de lire la suite et retrouver certains des personnages qui ont été de vrais coups de cœur pour moi (comme Lucien et Rhysand) !

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En résumé, ce livre m’a dans un sens déçue car j’en attendais tellement plus, j’attendais une ambiance particulière à la Maggie Stiefvater dans Lament (Books of Faeries, tome 1) et finalement j’ai trouvé certains passages niais voire un peu clichés parfois. Cependant, je vais réagir de la même manière que pour Throne of Glass dont l’intrigue du premier tome m’avait paru un peu bancale et voir le premier tome d’ACOTAR comme le début d’une série qui a énormément de potentiel (j’ai lu que le deuxième tome aurait un air de ressemblance avec le mythe d’Hadès et Perséphone, j’ai hâte !) ce qui fait que ma note est finalement de 4/5 !!

Ma note : ★★★★☆

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Casting au complet pour la série Shadowhunters

Bonjour !

Cela fait tellement longtemps que je n’ai pas posté ici, j’ai honte ^^ Je vais faire la bonne résolution d’être plus active ici (même si cela va être dur à tenir…) Pour ma défense, mon dernier semestre a été très chargé, surtout qu’il s’agissait de ma dernière année de licence.

Pour mon retour, j’aimerais partager avec vous les dernières news (pas si récentes que ça en fait) du casting de la série Shadowhunters, adaptation de la saga The Mortal Instruments de Cassandra Clare.

Pour ceux qui n’étaient pas au courant de l’existence de cette série, un petit récap’ s’impose ! En 2013 est sortie une adaptation cinématographique du premier tome de la saga de Cassandra Clare : The Mortal Instruments : La cité des Ténèbres (The Mortal Instruments: City of Bones en version originale). Le film avait finalement fait un flop, ce qui n’avait selon moi rien de surprenant. Il était dans l’ensemble resté fidèle aux événements du livre, même si quelques changements avaient été faits (notamment une réorganisation des événements de l’intrigue qui m’avait beaucoup agacée.) Le casting pas si mal choisi ne collait pas tout à fait aux personnages et le public visé était un peu trop “bébé” (je me sentais un peu vieille dans la salle de ciné, et un peu seule aussi). L’idée d’une suite d’abord peu probable, avait été envisagée avant que le projet ne tombe finalement dans l’oubli.

Dans ce genre de situation, il est difficile pour un livre d’obtenir une seconde chance. Heureusement pour nous (ou malheureusement, le temps nous le dira), The Mortal Instruments va avoir le droit à une seconde adaptation mais en série TV cette fois et sous le titre Shadowhunters !  La chaîne ABC Family diffusera au moins une saison entière de 13 épisodes en 2016 qui couvrira les événements du premier tome. La série n’aura donc pas à subir la dure épreuve de l’épisode Pilot, le tournage a commencé le 25 mai à Toronto où les acteurs ont commencé leur entraînement. Il s’agit d’un reboot, ce qui signifie que les événements du film n’ont jamais eu lieu.

Faisons donc table rase du passé et parlons du nouveau casting !!

Commençons bien entendu par notre petite héroïne à la chevelure de feu, j’ai nommé Clary Fray ! Elle sera interprétée par Katherine McNamara qui sera également à l’affiche de l’adaptation du deuxième tome de The Maze Runner (Le Labyrinthe en français). Une vrai rousse cette fois-ci !! Je ne l’ai encore jamais vu jouer mais elle ressemble beaucoup à Clary, je trouve. Jace sera quant à lui joué par …. suspense !!! Dominic Sherwood que vous avez peut-être vu dans Vampire Academy ou encore le clip de la chanson Style de Taylor Swift (excellent choix selon moi <3).

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Isabelle Lightwood et Simon Lewis seront interprétés respectivement par Emeraude Toubia (choix parfait !) et Alberto Rosende (regardez sa petite tête toute mignonne avec ses lunettes >w<), dont il s’agit pour tous deux du premier “grand” rôle.

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Pour jouer le frère d’Isabelle, Alec : Matthiew Daddario (le nom vous est familier? Normal, il s’agit du frère d’Alexandra Daddario, actrice ayant interprété Annabeth Chase dans les fameuses adaptations des aventures de Percy Jackson). Magnus sera interprété par Harry Shum Jr, danceur vu dans la série Glee.

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Enfin, voici la génération de chasseurs d’ombre adultes, c’est-à-dire Jocelyn Fray, Luke Garroway, Valentine Morgenstern et Hodge Starkweather (il a vraiment pris un coup de jeune par rapport au film XD) seront interprétés respectivement par Maxim Roy, Isaiah Mustafa, Alan van Sprang et Jon Cor.

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Chacun de ces acteurs a posté une vidéo sur le compte twitter officiel de la série pour exprimer leur joie de rejoindre le casting ! Je vous invite à les consulter sur @ShadowhuntersTV

L’auteure Cassandra Clare a déclaré n’avoir aucune influence concernant le casting et la série de manière générale mais elle semble très enthousiaste ! Pour ma part, le casting me plait beaucoup ! Je ne vais pour l’instant pas trop me prononcer sur la qualité de la série, le fait qu’elle soit diffusée par ABC Family me fait légèrement peur… Et vous ?? N’hésitez pas à commenter pour exprimer votre avis !

En petit bonus, voici quelques photos du tournage ci-dessous !

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Parlons genre ! Le New Adult

Jamie McGuire, Colleen Hoover, Tamara Webber, et plus récemment Anna Todd. Ces noms vous sont familiers ? C’est fort possible car ces auteures font partie d’une nouvelle vague d’écrivains à l’origine d’un genre vite devenu incontournable parmi les jeunes (dans les pays anglo saxons en tout cas), il s’agit du New adult ! Ce genre a la vent en poupe, comme en témoigne le dernier succès de librairie After, d’Anna Todd. Vous l’aurez sûrement deviné, pas de chronique à proprement parler aujourd’hui, mais le premier post d’une rubrique que j’ai décidé d’intituler « Parlons genre ! ». Pour inaugurer ce rendez-vous, parlons d’un genre tout récent : le New adult !

Ceci vous rappelle sûrement l’expression Young Adult et c’est normal car ce sont deux genres très liés même si l’on devrait plutôt les considérer comme des catégories destinées à un public particulier plus que comme des genres en soi. Si vous n’en avez jamais entendu parler alors considérez ce post comme une séance de rattrapage 😉 Sans plus tarder, commençons notre immersion dans ce tout nouveau genre qu’est le New adult !!

D’où vient la littérature New adult et en quoi consiste-t-elle ?

La fiction New adult (souvent abrégé NA) est un genre en plein essor dont les protagonistes ont entre 18 et 25 ans. Les histoires ont donc souvent pour cadre l’université, une première expérience dans la vie active, etc. Contrairement au Young Adult, le contenu sexuel n’est pas modéré. C’est un genre qui se situe entre le Young Adult et la romance dite ”pour adultes”. Le terme aurait été utilisé pour la première fois en 2009 à l’occasion d’un concours lancé par St Martin’s Press (un éditeur américain) qui recherchait de la « fiction similar to YA that can be published and marketed as adult—a sort of ‘older YA’ or ‘new adult’. » (Pour traduire grossièrement : « de la fiction similaire au YA qui peut être publié et viser un public adulte en terme de marketing, une sorte de Young adult pour les plus agés ou de new adult »).

La littérature New adult apparaît alors vraiment en 2012 aux Etats-Unis grâce au système d’auto publication rendu beaucoup plus accessible par l’apparition du livre numérique (quand aucune maison d’édition n’accepte votre manuscrit, pourquoi ne pas le publier vous même sous format epub ou autre ?). Ces jeunes auteurs ont rencontré un franc succès auprès des 18-30 ans menant très souvent au rachat des droits par lesdites maisons d’édition. C’est le cas par exemple du livre Beautiful Disaster de Jamie McGuire considéré comme un pionnier du genre, autopublié en 2011 et publié beautiful,-tome-1---beautiful-disaster-377629-250-400par Atria Books en 2012. La même année il devient New York times best seller (il s’était déjà vendu à plus de 200 000 exemplaires avant 2012), un best seller international en 2013 et avec en 2014 un constat : plus d’un millions d’exemplaires vendus. La suite Walking disaster a débuté dès sa sortie en haut de la liste des New York times best sellers. Enfin, les droits ont été achetés par Warner Bros pour une adaptation au cinéma. En réaction au phénomène NA, le site Goodreads a ajouté la catégorie « New adult » aux genres existants, puis ce fut le cas d’Amazon et de Kobo. Beaucoup d’auteurs se sont ensuite essayés à ce genre : Cora Carmack, Kathy Clark, Sylvia Day, Tammara Webber et des noms très connus chez les lecteurs de NA tels que Colleen Hoover ou encore Jennifer L. Armentrout.

Ce genre fait suite au Young adult qui connaît toujours un grand succès mais qui s’essouffle tout de même un peu depuis quelques années. En effet, les lecteurs assidus de titres Young adult ont grandi et il faut donc bien s’adapter à eux. Le genre est par conséquent né d’une forte demande chez un public post adolescent et vient combler un créneaux jusque là non exploité. Le New adult vise un public qui a entre 18 et 30 ans et qui est majoritairement féminin. La différence entre le YA et le NA reste très mince et concerne surtout le changement de perspectives qu’ont les protagonistes sur le monde et leur expérience. Selon The Guardian, les romans NA décrivent l’angoisse, les tourments rencontrés lors du passage d’une jeune personne au stade d’adulte responsable. Cela passe par des situations de la vie quotidienne, le travail, des sentiments et la sexualité. Les romans ne sont pas pour autant érotiques. Même s’ils restent plus graphiques que le YA qui passe souvent par des ellipses par exemple. L’intrigue est le plus souvent ancrée dans la vie contemporaine et non dans un univers fantastique même si le genre est en train de se diversifier et qu’on trouve désormais quelques romans de science fiction classés dans la catégorie New adult.

Quels en sont concrètement les thèmes ?

Ils sont en théorie variés, même si dans la pratique ce n’est pas vraiment le cas. La littérature New adult aborde des questions d’identité, de sexualité, des thèmes sombres comme la dépression, le suicide, la drogue, l’alcool, des problèmes familiaux, le harcèlement. (Dites donc, ce n’est pas joyeux tout ça!) Plus généralement, ces livres se concentrent sur le passage à l’âge adulte mais malgré les thèmes que je viens de vous citer rassurez-vous, le protagoniste a toujours droit à une fin heureuse. 😀

Pour faire synthétique, dans les romans NA, on retrouve toujours :

  • un point de vue féminin,
  • des personnages majeurs (ou très proche de la majorité) qui ont jusqu’à la trentaine,
  • des situations marquées par le changement (entrée à la fac, dans la vie active, déménagement, etc),
  • le genre est réaliste (même si cela a tendance à évoluer (ex :The Star Thief Chronicles de Jamie Grey)
  • le style est simple, presque parlé
  • il y a du sexe mais ce n’est pas roman érotique ou du mummy porn.

Est-ce un véritable genre ?

Beaucoup d’agents et de maisons d’édition ne reconnaissent pas ce genre pour de nombreuses raisons. Certains voient le NA comme un simple plan marketing, et d’autres disent que ce n’est pas au lectorat de publier. Les couvertures sont clairement destinées à attirer le public féminin et ce sont des romans aux prix très attractifs en format numérique.

L’auteur Jamie Mc Guire a justifié le succès ainsi : « Bookstores didn’t have a place for novels about college-aged students so publishers were unable to sell it » (les librairies n’avaient pas de place pour des romans à propos d’étudiants à la fac, les éditeurs étaient donc dans l’incapacité d’en vendre). Elle parle de self-publishing revolution pour désigner l’explosion du NA et la création d’une niche là où il n’y en avait pas, comblant le vide entre le YA et la fiction pour femmes adultes. Une autre controvcvr9781471125676_9781471125676_hrerse concerne le genre NA et le sexe. En 2012, le New adult a vu augmenter sa portion de romances contemporaines lorsque des titres comme Slammed de Colleen Hoover, Easy de Tamarra Webber, et Beautiful Disaster de Jamie Mc Guire se sont fait publiés par d’importantes maisons d’édition suite à leur succès en auto publication. Certains pensent que ce bond a eu lieu suite au succès de Fifty Shades of Grey. Depuis, le NA se concentre beaucoup sur la question de la sexualité et certains voient le NA comme des livres YA sursexualisés ou des romances éroti16056408ques très ciblées. Certains articles utilisent l’expression « Harry Potter rencontre 50 Nuances de Grey » (NY Times) pour définir le NA. Le genre NA étant tout récent, c’est une catégorie qui reste assez floue aux USA et surtout en France. Les livres de Gayle Forman sont classés dans la catégorie YA et parfois dans celle du NA par exemple. En France le livre Fangirl de Rainbow Rowell publié chez Milady est un NA selon le site Babelio alors qu’aux USA c’est un YA. La confusion se remarque aussi dans les librairies. Cultura classe les romans NA à côté des romances érotiques alors que certains NA se trouvent dans la catégorie jeunesse à la Fnac.

Et en France ?

C’est un genre dont on ne sait pas encore trop quoi faire pour l’instant. D’autant plus qu’on en parle vraiment que depuis quelques mois, surtout depuis la rentrée littéraire et depuis la début de l’année 2014.

       97647966_o1311-loin-tout_orgbeachwood-bay,-tome-1---unbroken-362991-250-40015125510falling,-tome-1---te-succomber-382855-250-400

Le catalogue reste encore assez réduit avec une concentration des titres sur quelques maisons d’édition. Voici quelques exemples de NA sortis en France : Beautiful disaster (Jamie Mc Guire), Jeu de patience (Jennifer L. Armentrout), Indécent (Colleen Hoover) chez J’ai lu, Te succomber aux éditions Michel Lafon, Unbroken (Melody Grace) publié par Prisma Éditions. Mais enbeautiful-bitch-369316-250-400 France c’est la maison d’édition Milady qui présente le catalogue le plus conséquent. C’est notamment cet éditeur qui a publié Loin de Tout de Jessica Ann Redmerski, le premier roman du genre à sortir en France.

 Le succès du NA reste assez difficile à mesure pour le moment avec très peu de chiffres. On peut tout de même citer le succès de Beautiful Bitch de Christina Lauren publié chez Hugo & Cie qui s’est classé en seiziè after,-saison-1-530066-250-400me position des meilleures ventes Ipsos/Livres Hebdo pour la semaine du 6 au 12 janvier 2014 ou l’exemple de Te succomber tiré à 11 000 exemplaires le 9 janvier. Compte tenu du son succès, Michel Lafon a été obligé de le réimprimer. Enfin, le dernier succès en date, celui d’Anna Todd (After) permet de mesurer l’ampleur que peut prendre le phénomène. C’est surtout la blogosphère qui permet de s’en rendre compte. Beaucoup de blogueurs sont très enthousiastes alors que d’autres sont encore très sceptiques et pensent que les histoires ont tendance à vite se répéter car il n’y a pas la même diversité de sous-genres qu’on peut trouver dans le YA.

C’est un genre qui a du potentiel selon moi mais qui reste malheureusement beaucoup trop enfermé dans des romances un peu niaises et stéréotypées pour le moment. J’ai hâte de voir ce que cela donnera quand le NA se diversifiera un peu.

J’espère que ce petit long exposé vous aura plus. A quelle catégorie de lecteurs faites vous partie ? Les enthousiastes ou les sceptiques ? N’hésitez pas à commenter pour que nous puissions discuter !

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PS: Si le sujet vous a plu, voici les articles que j’ai consultés pour écrire cet exposé.

http://www.theguardian.com/books/2012/sep/10/new-adult-fiction

http://www.usatoday.com/story/life/books/2013/04/15/new-adult-genre-is-the-hottest-category-in-book-publishing/2022707/

http://jezebel.com/5960942/new-adult-fiction-is-now-an-official-literary-genre-because-marketers-want-you-to-buy-things

http://www.publishersweekly.com/pw/by-topic/industry-news/publishing-and-marketing/article/55164-new-adult-needless-marketing-speak-or-valued-subgenre.html

http://www.nytimes.com/2012/12/22/books/young-adult-authors-add-steaminess-to-their-tales.html?_r=2&

http://www.publishingcrawl.com/2013/01/30/new-adult-passing-trend-or-legitimate-genre/

http://madame.lefigaro.fr/art-de-vivre/romans-new-adult-debarquent-france-090214-691822

Chronique : Rebelle Belle, Rachel Hawkins

REBELLE_BELLE.inddTitre : Rebelle Belle

Auteur : Rachel Hawkins

Date de publication : octobre 2014 (USA : avril 2014)

Edition : Albin Michel

Genres : Fantasy urbaine, romance

Rien de tout ça ne serait arrivé si je n’avais pas oublié mon gloss, le soir du bal des retrouvailles…»

Avant de commencer cette chronique, je ferai une remarque : je n’aurais probablement jamais lu ce livre si je m’étais uniquement basée sur la couverture française. Elle ne me plait pas du tout et me fais un peu penser à un vieux8475505 montage photoshop avec cet effet tourbillon un peu étrange sur tout le bas de l’image et le fait que l’héroïne toute sage avec ses deux petites couettes a l’air complètement séparée du décor (je sais je suis méchante mais chacun ses goûts on va dire ^^). Pourquoi l’ai-je donc lu ? me demanderez-vous. Tout d’abord la couverture originale est bien plus sympa (regardez sur votre droite), mais il n’y a pas que les apparences qui comptent bien entendu. C’est sur Goodreads que j’ai entendu parler de ce livre pour la première fois et en raison du nombre de chroniques positives le concernant, j’ai décidé de lui laisser une chance. Je l’ai donc lu une première fois en anglais à sa sortie puis plus récemment en français. On m’avais promis un livre fun et il l’était effectivement mais c’est là sa seule qualité malheureusement.

Rebelle Belle raconte l’histoire d’Harper Price, une lycéenne belle, intelligente, et populaire qui a tout pour elle y compris un merveilleux petit ami du nom de Ryan. Alors qu’elle s’apprête à être couronnée Reine du bal, Harper voit mourir le concierge du lycée, qui, dans un dernier souffle, lui transmet un pouvoir étrange, faisant d’elle un Paladin ayant pour mission de protéger l’Oracle. Malheureusement pour elle, cet Oracle n’est autre que David Stark, son ennemi juré !

Ce livre semble assumer son côté comédie surréaliste dynamique qui ne se prend absolument pas au sérieux dès son résumé. Rebelle Belle n’est pas un mauvais roman en soi. L’écriture est fluide tant en anglais que dans sa traduction et l’intrigue reste dynamique sans moment de flottement. Entre scènes d’actions et scènes dramatiques sont glissés des scènes comiques qui donnent à ce livre un ton léger et très agréable. Cependant, l’intrigue en elle-même ne présente pas un grand intérêt. L’idée du paladin est originale mais elle n’est pas assez exploitée, le côté fantasy urbaine est vite dépassé par la romance et l’exaspérant triangle amoureux cliché et sans intérêt. L’héroïne a un merveilleux petit ami – « le garçon parfait » – mais bien évidemment elle a comme des « papillons dans l’estomac » quand elle est face à David qui soi dit en passant la martyrise en écrivant des articles mensongers à son sujet dans le journal de l’école (il l’insulte quand même de « garce prétentieuse ») !

« Quand nos mains se son touchées, un courant électrique qui ne devait rien à la magie m’a traversée. David avait dû le ressentir aussi, car ses yeux se sont posés sur ma bouche. Oh mon Dieu ! ai-je pensé. David Stark va m’embrasser … »

Même la seule mort du livre est un prétexte pour créer encore plus de tension entre Harper, David et Ryan dans le prochain volume. D’ailleurs, je ne sais pas si l’auteur arrivera à faire décoller l’action dans le second tome. En tout cas, je l’espère car ce premier livre m’a surtout semblé servir d’introduction.

Ce qui m’amène aux personnages qui eux aussi méritent d’être bien plus développés qu’ils ne le sont. Ne parlons pas de Ryan et David auxquels il n’y a rien à ajouter de plus que ce que l’on peut déjà connaître d’eux dans le résumé. L’un est le petit ami parfait et l’autre le type insupportable qui fait tout pour énerver l’héroïne. Penchons nous plutôt sur Harper qui est en plus d’être l’héroïne de roman, en est aussi la narratrice, difficile donc de lire ce livre si on ne l’apprécie pas. Mon avis la concernant est un peu plus partagé. C’est un personnage drôle et parfois attachant mais bien trop irritant à certains moments par son côté jeune fille parfaite mais assez superficielle sur les bords (voir la citation ci-dessous).

« Ca me convenait très bien car ma veste était en laine, et je ne connais rien de plus pathétique qu’un fille qui sue comme un bœuf. Je portais en dessous une robe fourreau rose aux genoux et un rang de perle – une tenue à la fois chic et simple conçue pour me mettre en valeur dans la perspective de ma probable élection comme reine du bal. »

Pourtant, Harper est capable de vrais moments de réflexion, de remise en question et elle montre très souvent qu’elle est une dure à cuir – elle arrive à faire d’une paire d’escarpins, une arme redoutable, ce qui n’est pas rien !

« J’ai ôté mes escarpins meurtriers et les ai balancés par-dessus la barrière, j’ai bandé mes muscles…

Puis j’ai sauté. »

L’histoire reste en conclusion agréable car elle est racontée avec humour. Bref, si vous avez envie de passer un moment agréable sans prise de tête ce livre est fait pour vous, cependant, l’enthousiasme qu’il a suscité ne me semble absolument pas justifié.

Ma note : ★★☆☆☆

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Top Ten Tuesday #1 – Top Ten des livres lus en 2014

Bonne année chers lecteurs et lectrices ! J’espère que la rentrée n’aura pas été trop dure pour vous et que vous avez passé de bonnes vacances 🙂 Quoi de mieux pour commencer l’année que de poster ma première participation au Top Ten Tuesday ?!

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Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire qui consiste à faire un Top 10 selon un thème littéraire défini. Il a été crée par The Broke and the Bookish et repris en français par Iani du blog le carnet de lectures de Iani 🙂

Le thème de cette semaine pour ce 172e rendez-vous est le Top Ten des livres lus en 2014. Je vous parlerai donc dans ce post de mes coups de cœur de l’année et il y en a eu beaucoup ! Tellement d’ailleurs que je ne pense pas pouvoir tous les inclure dans ce post… En effet, 2014 a été une très bonne année lecture pour moi. 🙂 Depuis 2013 et mon entrée à la fac, j’ai l’impression d’avoir beaucoup plus le temps de lire, j’ai rattrapé mon retard sur des séries que j’avais déjà commencées et j’en ai découvert énormément d’autres ! Évidemment, sur les 74 livres que j’ai lu en 2014, il y en a qui ne m’ont pas plu mais ne parlons pas de ceux-là ! Voici donc sans plus tarder mon top ten des livres 2014 classés par ordre de lecture car il me serait impossible de les organiser par préférence tellement je les aime !

1. The Statistical Probability of Love at First Sight, Jennifer E. Smith

Je ne mthe-statistical-probability-of-love-at-first-sight1’attendais pas à aimer ce livre, les romances YA sont parfois un peu niaises et je ne suis pas fan de l’amour au premier regard. Cependant, et bien que l’histoire se déroule en seulement 24 heures, la relation entre l’héroïne Hadley et Oliver, le garçon qu’elle rencontre à l’aéroport se développe en douceur. Bon traitement des personnages. Bref, c’était un livre mignon, parfois drôle, parfois sérieux et très rapide à lire 🙂

2. Angelfall, Susan Ee penryn-and-the-end-of-days-1

« Encore une dystopie… » Voilà ce que je pensais quand j’ai commencé Angelfall. Finalement, j’ai adoré ! L’idée des anges ne m’emballait pas du tout et c’est pour ça que je ne l’ai pas lu en 2013 mais c’était très bien exploité. Le rythme est rapide, Penryn est une vraie dure à cuir et indépendante (enfin une héroïne qui sait ordonner ses priorités dans un monde post apocalyptique !), aucun triangle amoureux à l’horizon et la fin donne vraiment envie de lire la suite !

3. The Raven Cycle, Maggie Stiefvater

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Maggie Stiefvater (vous venez de trébucher sur son nom ? Ne vous inquiétez pas, vous n’êtes pas les seuls, je ne saurai d’ailleurs jamais le prononcer ^^’’) est sûrement mon auteure préférée dans le genre YA. J’adore son style depuis que j’ai lu sa trilogie The Wolves of Mercyfalls et l’intrigue de ses romans est toujours unique, les personnages toujours bien campés ! The Raven Cycle est un livre fantasy mystérieux et intriguant et je n’en peux plus d’attendre pour le quatrième et dernier tome de cette série !! Je VEUX la suite MAINTENANT !!!!!
PS: je peux d’ailleurs rajouter ici tous les livres de Maggie Stiefvater que j’ai lu cette année dont Sinner (The Wolves of Mercyfall #4) et The Scorpio Races. D’ailleurs, j’ai eu la chance d’avoir commandé Sinner avec une couverture magnifique dessinée et dédicacée par l’auteure !! Yay !

4. The Grisha, Leigh Bardugo

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Voilà un livre inclassifiable avec une ambiance fascinante ! L’histoire en soi n’est pas si originale que cela et rentre dans les codes du YA : une héroïne qui découvre qu’elle a des pouvoirs et un destin bien particulier, celui de sauver son pays. Le point fort de cette trilogie est son univers fantasy légèrement emprunt de steampunk que l’auteur qualifie de tsarpunk à cause de l’usage de mots russes. Le deuxième tome m’a un peu moins conquise (je l’ai trouvé un peu long et le triangle amoureux m’a gonflé !), mais le troisième tome a magnifiquement conclu cette trilogie ! Bonus pour les couvertures super sympa 🙂

5. Throne of Glass, Sarah J. Maas

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Belle surprise ! Le prémisse de Throne of Glass est assez bancal (rassemblons un tas d’assassins dans le château et donnons leur des armes !! Quelle bonne idée ! Tiens, d’un seul coup il y a des meurtres… mince alors…). Finalement, la compétition avait très peu d’importance et l’intrigue se développe réellement à partir du deuxième tome. Enfin, l’héroïne entre presque dans la catégorie des Mary-Sue (trop parfaite avec un passé sombre) mais les tomes 2 et 3 permettent de développer le personnage. En fait, plus les tomes passent, plus les personnages deviennent attachants et gagnent en complexité. Enfin, j’ai beaucoup aimé l’univers, et l’intrigue pleine de mystère. Malgré les critiques que je viens de faire c’est un gros coup de cœur !!

6. Daughter of Smoke and Bone, Laini Taylor

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Tiens, tiens, encore de la fantasy… (une de mes résolutions pour l’année 2015, lire d’autres genres!) Daughter of Smoke and Bone est vraiment une trilogie à part. Le style est tout simplement magnifique. Je ne sais pas trop quoi dire sur ces livres, j’ai absolument tout aimé, que dis-je, j’ai adoré ! Je vous le conseille vivement !

7. The Lunar Chronicles, Marissa Meyer

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Une adaptation très intéressante des contes de fée qui entre dans la mode récente du retelling. L’idée de changer de personnage à chaque tome ne m’enthousiasmait pas. J’avais assez peur de ne pas réussir à m’attacher aux personnages des tomes suivant le premier. Finalement mon personnage préféré est devenu Scarlet, héroïne du deuxième tome. ^^ Je trouve les « méchants » de l’histoire peu convaincants par contre le reste des personnages contrebalance largement ce côté un peu stéréotypé… Disons que c’est parce qu’on est dans un univers de conte de fée 🙂

8. The Secret Diary of Lizzie Bennet, Kate Rorick et Bernie Su

18775255Enfin le livre pour les fans de la webseries The Lizzie Bennet Diaries (si vous ne connaissez pas allez regarder MAINTENANT, elle est entièrement disponible sur youtube). Il s’agit d’une adaptation d’Orgueil et Préjugé (Jane Austen). Lizzie est une étudiante qui décide de raconter sa vie dans un vlog. J’ai adoré retrouver le personnage de Lizzie et son humour caractéristique, son sarcasme. C’est un très bon complément à la webseries qui explore des dimensions non abordées en vidéo, notamment un développement très intéressant sur la famille de notre héroïne et sa situation financière !

9. The Darkest Minds, Alexandra Bracken

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Une dystopie, des enfants avec des superpouvoirs, un petit road trip à la recherche du mystérieux Slip Kid. J’aime, j’aime, j’aime. Alexandra Bracken réussit à établir un monde plus intéressant que bon nombre de dystopies. Et l’évolution des personnages est très, très bien exécutée !! Je ne pourrais pas trop en dire car je risquerai de vous spoiler (et le spoiler, c’est le mal !).

10. The Infinite Sea, Rick Yancey
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Le deuxième tome est un moment risqué dans une trilogie, surtout pour une dystopie. J’avais tellement adoré The 5th Wave que j’étais assez anxieuse pour ce qui était de The Infinite Sea et finalement je n’ai pas été déçue ! Certains personnages prennent de plus en plus d’importance, et d’autres au contraire s’effacent mais dans l’ensemble il y a un très bon équilibre entre les différents points de vue. En quelques mots : beaucoup d’action, des révélations, des rebondissements et pas de triangle amoureux (la romance est d’ailleurs très peu présente). J’attends le troisième tome avec impatience !

Mention spéciale pour Lola and the Boy Next Door (Stephanie Perkins), The Retribution of Mara Dyer (Michelle Hopkins), My True Love Gave to Me, Gone Girl (Gillian Flynch), All our Yesterdays (Cristin Terill), Finnickin of the Rock (Melina Marchetta) que j’aurais beaucoup aimé inclure dans cette liste.

Voilà, ma liste est finie. Se restreindre à dix livres était plus dur que ce que je pensais… Quoi qu’il en soit, bonne année à vous tous !!

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Lectures hivernales

Vive le vent, vive le vent

Vive le vent d’hiver !!!!!

*Raclement de gorge*. Après ce petit intermède musical (j’espère que grâce à moi vous avez cette joyeuse chanson dans la tête), je peux proprement commencer cet article. Comme vous l’aurez deviné (par ma petite chanson ou par le titre de l’article pour être moins subtile), nous allons aujourd’hui parler de lectures hivernales !!! Eh oui, nous sommes en hiver, d’où ce froid glacial bien sûr ! Qui plus est, nous sommes en décembre et cela veut dire que les fêtes de fin d’années approchent et les vacances aussi. Je ne sais pas pour vous mais cela signifie pour tout book nerd qui se doit, plus de temps pour lire (pour ceux et celles qui n’ont pas de partiels à réviser bien entendu). Mon programme pour ces vacances : me blottir sous une couverture, prendre un bon livre qui me mette dans l’ambiance des vacances et faire une pause chocolat chaud de temps en temps. Le choix des livres ne manque pas, voici donc une petite liste de livres qui vous plongeront immédiatement dans l’atmosphère des vacances de Noël !

“Un jour, le meilleur de tous les bons jours de l’année, la veille de Noël…”

Commençons par les classiques, les incontournables de la saison. Tout d’abord, si je vous dis fantômes passé, présent et futur, vous pensez à … ? Un chant de Noël (parfois traduit Un Cantique de Noël) de Charles Dickens bien sûr ! Certains d’entre vous connaissent ce conte sous le titre original A Christmas Carol ou à travers le dessin animé Le Drôle de Noël de Monsieur Scrouge. 9781435145399_p0_v3_s260x420C’est selon moi l’incontournable des vacances de Noël. Pour ceux qui ne connaissent pas, l’histoire commence le soir de Noël. Le vieux Scrouge, égoïste et solitaire, choisit de passer la soirée seul. Mais les esprits de Noël en ont décidé autrement. L’entraînant tour à tour dans son passé, son présent et son futur, les trois spectres lui montrent ce que sera son avenir s’il persiste à ignorer que le bonheur existe. Ai-je besoin d’expliquer ce choix ? L’histoire a été déclinée maintes et maintes fois dans des adaptations plus ou moins fidèles, si bien qu’elle nous est familière que l’on ait lu ou non l’œuvre de Dickens. Si vous faites partie de ceux qui ne l’ont pas lue, faites le, elle est courte et très facile à lire, enfin aussi facile à lire que peut l’être une œuvre de Dickens. C’est un livre, certes rempli de clichés, mais qui fait chaud au cœur et dont la morale n’en reste pas moins importante. De plus, vous trouverez de très belles éditions anglaises, notamment la Barnes & Nobles Collectible Edition ou encore la Penguin Christmas Classics. Je vous conseille d’ailleurs également tous les livres de cette collection constituée de cinq classiques de Noël tout aussi incontournables que A Christmas Carol dont The Night Before Christmas de Nikolai Gogol ou A Merry Christmas de Louisa May Alcott.

Quittons le Londres victorien pour passer maintenant du côté de la fantasy dans un livre qui est lui aussi un classique du genre. Il s’agit d’une œuvre bien connue de l’auteur C.S. Lewis : Le Lion, la Sorcière blanche et l’Armoire https://i2.wp.com/www.babelio.com/couv/18666_aj_m_543.jpegmagique. Vous connaissez tous l’histoire des cinq enfants Pevensie destinés à sauver Narnia de la méchante sorcière Jadis qui a plongé le royaume dans un hiver éternel. Les discussions autour de ce livre abondent, notamment concernant les possibles métaphores bibliques qui le composent. Mais lisons Le Monde de Narnia pour ce qu’il est avant tout, c’est-à-dire une série de contes pour enfants très bien écrits. En tout cas, il n’en reste pas moins que ce livre vous plongera tout de suite dans une ambiance hivernale à travers un voyage dans les contrées enneigées de Narnia, un royaume plein de magie et à l’atmosphère envoutante, avec en bonus une apparition du Père Noël !

“Elle vit qu’il y avait une lumière devant elle ; non pas à quelques centimètres, là ou le fond de l’armoire aurait du se trouver, mais très loin. Quelque chose de froid et de doux tombait sur elle. Elle découvrit alors qu’elle se trouvait au milieu d’un bois, la nuit, avec de la neige sous ses pieds et des flacons qui descendaient du ciel.”

Je ne pense pas avoir à en dire plus sur ce livre, vous le connaissez probablement déjà bien (notamment par l’adaptation réalisée par les studios Disney). Je laisserai parler ce livre pour lui-même car tout ce que je pourrais en dire ne lui ferait pas justice.

Enfin, passons à des titres plus contemporains, pleins de douceur puisque je vais vous présenter deux recueils de nouvelles placées sous le signe de la romance. Le premier est Flocons d’amour (Let it Snow). Je doihttps://i1.wp.com/ecx.images-amazon.com/images/I/71Gki0y4plL._SL1500_.jpgs tout d’abord avouer que le titre français de ce livre m’aurait découragé et bien fait rire par son côté un peu niais mais il se trouve heureusement que j’ai lu ce livre dans sa langue originale. Il s’agit de trois histoires courtes de John Green (Nos étoiles contraires, Qui es-tu Alaska ?), Maureen Johnson (Treize petites enveloppes bleues, Hantée) et Lauren Myracle (The infinite moment of us). Ces nouvelles sont indépendantes mais eMy True Love Gave to Me: Twelve Holiday Storiesn même temps forment un ensemble homogène car elles ont toutes lieu le 24 décembre dans la ville de Gracetown. Les histoires s’entrecroisent alors tout en gardant chacune ce qui fait la spécificité propre des trois auteurs ayant participé à cet ouvrage. Le second recueil, quant à lui, est tout récent. Sorti en novembre 2014 aux États-Unis, il regroupe tous les auteurs populaires du moment dans la catégorie jeunes adultes : Rainbow Rowell, Laini Taylor, David Lévithan, Stephanie Perkins, Holly Black, Jennie Han, Gayle Forman et bien d’autres. Ce magnifique ouvrage a pour nom My True Love Gave to Me: Twelve Holiday Stories et offre un panel varié de nouvelles plus ou moins réalistes mais avec toute cette pointe de magie dans l’esprit des fêtes. Le titre est, au passage, très bien trouvé car il reprend les paroles d’un chant de Noël très connu dans les pays anglo-saxons : The Twelve Days of Christmas.

“He says presents aren’t important, but I think they are – not because of how much they cost, but for the opportunity they provide to say I understand you.”

J’espère que cet article vous aura donné des idées. Si ces quelques suggestions ne suffisent pas (malheureusement, les possibilités sont infinies mais cet article ne l’est pas et touche bientôt à sa fin), je vous recommande également How the Grinch Stole Christmas de Dr Seuss, Dash & Lily’s Book of Dares de David Levithan et Rachen Cohn ou encore The Nutcraker and the Mouse King de E. T. A Hoffman. Enfin, vous pouvez toujours lire et relire la saga des Harry Potter de J.K. Rowling ! Elle n’entre pas vraiment dans le thème des vacances de Noël mais je ne sais pourquoi, j’ai toujours envie de relire les premiers tomes à cette période de l’année. Peut-être est-ce à cause de l’image de l’école Poudlard enneigée ?

Sur ce, je vous souhaite de bonnes vacances, pleins de beaux livres sous votre sapin et de bonnes lectures !

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Chronique : Fangirl, Rainbow Rowell

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Titre : Fangirl

Auteur : Rainbow Rowell

Date de publication : 13/02/2014 (USA : 10/09/2013)

Edition : Milady (USA : St. Martin’s Press)

Genres : Romance contemporaine, fiction réaliste

“Happily ever after, or even just together ever after, is not cheesy,” Wren said. “It’s the noblest, like, the most courageous thing two people can shoot for.”

Il y a des livres où dès la lecture du résumé, vous savez que l’ouvrage que vous avez entre les mains est fait pour vous. Ajoutez à cela le fait que l’auteur est un de vos préférés et c’est le jackpot ! Fangirl de Rainbow Rowell fait partie de ces livres pour moi.

Fangirl est l’histoire d’une jeune fille de dix neuf ans, Cather (surnommée Cath), qui entre à l’université et pour la première fois se trouve séparée de son père et de sa sœur jumelle, Wren, cette-dernière ayant décidé de s’installer dans l’un des autres dortoirs du campus pour être plus indépendante. Cath, très timide et renfermée, peine alors à s’intégrer dans ce nouvel environnement. Elle a du mal à se lier avec l’étudiante qui partage sa chambre, elle se raccroche le plus possible à sa sœur très sociable et fêtarde. Sa classe d’écriture créative est la seule chose qui lui fait supporter l’université. Elle se réfugie ainsi dans son hobby : l’écriture de fanfictions sur sa série préférée Simon Snow. Fangirl est un livre qui raconte comment Cath va s’épanouir après avoir appris à surmonter ses peurs et à aller de l’avant.

L’intrigue de Fangirl est sans réelle surprise : pas de retournements de situation, ni de péripéties. C’est au contraire un récit qui fait son chemin à un rythme posé aidé par un style fluide, efficace et qui sait être poétique quand il le faut. Ce qui compte c’est l’introspection. C’est ce qui fait la force de ce roman selon moi et qui le fait se distinguer de beaucoup de romances pour jeunes adultes dites réalistes dans lesquelles on se retrouve face à des situations très improbables ou des prétextes servant à faire avancer l’action vers le dénouement final (accidents de voitures et autres) avec des personnages stéréotypés et qui manquent de profondeur. Fangirl n’a pas besoin de cela pour captiver le lecteur, tout avance naturellement vers une résolution des différents problèmes exposés dans le livre sans pour autant que celui-ci se révèle sans intérêt et sans événements marquants. Le style participe grandement à cela, Rainbow Rowell montre encore une fois un travail d’une grande maîtrise que la traduction a heureusement conservé malgré la répétition très irritante de l’expression « qui plus est ». Le texte original reste effectivement beaucoup plus beau et je vous le recommande vivement si vous êtes assez à l’aise en anglais. Maîtrise dans l’écriture donc mais aussi maîtrise dans la structure du roman : c’est un récit à la troisième personne organisé en chapitres eux-mêmes précédés d’un extrait d’article, de fanfiction, ou du livre imaginaire Simon Snow qui viennent ajouter une pointe de magie et de fantasy à ce roman et qui font que le lecteur ne découvre pas une mais des histoires.

“Sometimes writing is running downhill, your fingers jerking behind you on the keyboard the way your legs do when they can’t quite keep up with gravity.”

Rainbow Rowell traite en effet, entres autres, d’un thème tout à fait original et pourtant bien connu des jeunes utilisateurs d’internet, puisqu’il s’agit des fanfictions. Pour ceux dont le terme ne dit absolument rien, le terme de fanfiction désigne comme son nom l’indique des fictions écrites par les fans. Il s’agit en fait de récits qui s’appuient sur l’univers d’une série, d’un livre ou n’importe quel autre support et qui sont postés sur internet à travers des plateformes comme Fanfiction.net. En effet, en plus de raconter le parcours de Cather, de traiter de problèmes familiaux (la mère des jumelles a quitté la maison quand elles étaient jeunes et leur père s’est réfugié dans son travail), de parler des conséquences que cela peut avoir de grandir sans réelle supervision parentale, d’aborder les relations amoureuses (Levi est la première relation sérieuse de Cath), la vie à la fac ou le passage à l’âge adulte, ce qui est le plus intéressant dans ce roman et le thème de la fanfiction mis en rapport au problème de la créativité. En effet, qu’est-ce que la fanfiction ? C’est tout d’abord un moyen de demeurer plus longtemps dans un univers qui nous fascine, nous passionne. C’est ce que souligne très bien Rainbow Rowell dans ce roman. Cath, souhaite vivre indéfiniment dans l’univers de Simon Snow qu’elle connait depuis son enfance et dont elle a du mal à se détacher, surtout compte tenu de la date de sortie imminente de l’ultime tome de la série. En fait, écrire et lire des fanfictions c’est essayer d’aller contre le proverbe « toute les bonnes choses ont une fin » finalement. C’est ce que n’importe quelle personne née dans les années 80 ou 90 a vécu à travers le phénomène Harry Potter (on remarque en effet le clin d’œil à la saga Harry Potter dans Simon Snow, saga créée par Rainbow Rowell pour les besoins de l’intrigue).

“But I don’t want to write my own fiction,’ Cath said, as emphatically as she could. ‘I don’t want to write my own characters or my own worlds — I don’t care about them. . . . I’d rather pour myself into a world I love and understand than try to make something up out of nothing.”

Mais alors à qui appartient réellement la fanfiction sachant que leurs auteurs empruntent des personnages et un univers qui ne sont pas les leurs ? Peut-on parler de plagiat ? C’est ce que pense la professeure de Cath et pourtant la jeune étudiante admet que les personnages sur lesquels elle écrit ne sont pas les siens et à aucun moment elle ne prétend que l’œuvre lui appartient entièrement. Cependant, pour devenir écrivain, Cath doit apprendre à se détacher des fanfictions. Il y a donc une véritable réflexion sur ce qu’est le travail de l’écrivain et tout cela inséré dans une exploration du quotidien et des problèmes de l’héroïne.

Je n’ai pas l’habitude de parler d’identification aux personnages (non je ne m’identifie par à Katniss contrairement à ce qu’on dit souvent dans les médias pour expliquer le succès d’Hunger Games. Je n’ai jamais eu à tuer quelqu’un pour survivre et je n’ai jamais été le symbole d’une rébellion !), cependant, je peux affirmer qu’il est facile de s’identifier aux personnages de Fangirl. Ils ont en effet des problèmes proches des nôtres et des personnalités variées parmi lesquelles le lecteur se retrouvera : Cath, timide, renfermé qu’on qualifierait de book nerd, Wren, fêtarde et extravertie dont la situation va déraper, Reagan la colocataire rebelle et indépendante, Levi, l’étudiant sympathique et attentionné, Nick l’apprenti auteur ambitieux et bien d’autres. Et même si vous ne vous retrouvez pas dans les personnages, vous avez parfois envie de leur faire un gros câlin pour les consoler compte tenu de ce qu’ils subissent (sauf Nick, on ne l’aime absolument pas celui-là !!!). Bref, tous les personnages, qu’ils soient principaux ou secondaires, sont aboutis, ils ont l’air vrais et en même temps entrent juste ce qu’il faut dans les stéréotypes du genre afin de mieux les cerner. Leurs interactions donnent de vraies scènes d’émotion mêlées à des scènes du quotidien et des scènes d’humour qui font que le roman ne tombe jamais dans le mélodrame niais. Le livre est en effet un parfait mélange entre l’introspection et le dialogue, parfois amusant, parfois émouvant.

Reagan was sitting at Cath’s desk when Cath woke up.
“Are you awake?”

“Have you been watching me sleep?”
“Yes, Bella. Are you awake?”

Je pourrais surement toujours trouver de nouvelles choses à dire sur ce livre (n’hésitez pas à commenter pour qu’on puisse en parler ensemble). Mais, il faut bien conclure cette chronique et je dirai donc simplement que Fangirl est un roman original, touchant et extrêmement bien écris sur une jeune fille qui doit apprendre à grandir et s’épanouir.

Ma note : ★★★★★

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